Surveiller la qualité de l’air est essentiel pour protéger la santé publique et préserver l’environnement. Les polluants atmosphériques, tels que les particules fines ou les gaz comme le dioxyde d’azote, peuvent causer des maladies respiratoires, cardiovasculaires et affecter les écosystèmes. Une surveillance efficace permet d’alerter les populations en cas de pics de pollution et de guider les politiques locales pour améliorer notre qualité de vie.

Qui assure la surveillance de la qualité de l’air ?

 

En France, la surveillance de la qualité de l’air est confiée aux Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA), comme le stipule la loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie du 30 décembre 1996.

Ces AASQA – régies par la loi du 1er juillet 1901 – sont au nombre de 18 à raison de une par région française, et une association équivalente en Nouvelle-Calédonie. Leur financement est principalement étatique, mais aussi venant des collectivités territoriales et de certaines entreprises qui émettent des substances surveillées. Les AASQA emploient près de 550 experts en métropole et outre-mer.

Les objectifs premiers des AASQA sont les suivants :

  • Déterminer l’exposition des populations et des écosystèmes à la pollution de l’air
  • Informer les autorités et la population en diffusant ses résultats et analyses
  • Soutenir les acteurs locaux dans leurs projets politiques locaux et régionaux concernant la gestion de la qualité de l’air en apportant leur expertise
  • Participer à l’amélioration des connaissances

 

Le laboratoire Central de la Surveillance de la Qualité de l’Air (LCSQA) assure la coordination technique des AASQA en fournissant des avis, des guides ou des audits pour permettre la cohérence et la qualité des données.

 

Quelles substances sont surveillées ?

 

L’Observatoire polynésien du climat ne surveille pour le moment que les particules fines. Cependant la liste des polluants surveillée est plus longue et est fixée par l’arrêté “surveillance”, lui-même tiré du droit européen qui s’appuie sur des études scientifiques d’organismes tels que l’Organisation Mondiale de la Santé. L’arrêté “surveillance” a été révisé en 2021, en durcissant les valeurs limites des polluants réglementés. Ces valeurs limites, définies telles que leur niveau ne doit pas être dépassé en une durée donnée, peuvent être consultées ici : Atmo France

Ces polluants réglementés sont les gaz tels que le dioxyde de soufre (SO2), les oxydes d’azote (NOx, NO2 et NO), l’ozone (O3), le benzène, le monoxyde de carbone (CO), les particules fines (de diamètre inférieur ou égal à 10 µm – PM10 et inférieur ou égal à 2,5 µm – PM2,5) et les métaux lourds comme le plomb, l’arsenic, le cadmium, le nickel et le mercure, et les hydrocarbures aromatiques polycycliques. Ces polluants peuvent avoir des conséquences dangereuses sur notre santé et/ou sur l’environnement. Par exemple, le SO2 qui est principalement émis par la combustion de charbon ou de carburant, est fortement irritant pour les voies respiratoires. Les particules fines sont quant à elles émises notamment par le trafic routier et les activités industrielles, et peuvent pénétrer profondément dans les poumons, augmentant le risque de maladies cardio-vasculaires par exemple.

En plus des polluants réglementés, d’autres polluants atmosphériques d’intérêt national ont été récemment intégrés au dispositif national de surveillance. Une surveillance spécifique régie au niveau national s’applique à ces polluants, qui comportent notamment les pesticides, les particules ultrafines (moins de 0.1 µm), et le carbone-suie.

 

Comment ces substances sont-elles contrôlées ?

 

Quatre différentes méthodes sont utilisées pour qualifier les polluants réglementés : les mesures fixes, les mesures indicatives, l’estimation objective, et la modélisation.

Un réseau de près de 585 stations (comptabilisées en 2022) permet de mesurer un ou plusieurs polluants, de manière ponctuelle ou en continu, automatiquement ou par prélèvement suivi d’analyses en laboratoire. Ces stations sont réparties sur tout le territoire dans des environnements urbains, péri-urbains, ou ruraux. Les grandes villes, qui sont classées en tant que zones à risque avec plus de 250000 habitants, possèdent chacune leur système de surveillance et un indice de qualité de l’air y est calculé quotidiennement.

L’occurrence de pic de pollution fait l’objet d’une attention particulière car les AASQA se doivent d’informer le public sur leur risque de survenue. Un pic de pollution est défini comme le dépassement de seuils journaliers ou horaires d’un ou de plusieurs polluants, mettant ainsi en danger les populations et/ou l’environnement. Il peut être favorisé par les conditions météorologiques (faible vent qui conduit à l’accumulation des polluants par exemple), le transport massif de polluants suite à un vent fort, ou certains événements saisonniers produisant en masse certains polluants (périodes d’épandage d’engrais agricoles, chauffage urbain en hiver,…)

Les outils de modélisation sont de plus en plus utilisés en complément des mesures et pour prévoir la qualité de l’air en un lieu donné. Le système national de prévision et de cartographie de la qualité de l’air, PREV’AIR, est un outil qui permet de visualiser les prévisions européennes et nationales de la qualité de l’air.

 

 

Sources :